Court toujours

Le court métrage fait sa rentrée sur France tv

Les cases « Histoires courtes » et « Libre court » (le dimanche sur France 2 et le vendredi sur France 3) rouvrent leur lucarne avec une programmation spéciale consacrée durant trois semaines au festival Off-Courts Trouville, qui fête ses 20 ans. Le point avec Christophe Taudière, responsable du pôle court métrage à France tv.

Festival Off-Courts trouville
Festival Off-Courts Trouville. © DR

Comment présenter le festival Off-Courts Trouville ?
Christophe Taudière : C’est un festival relativement récent, créé il y a vingt ans par Samuel Prat, qui en assure la coordination générale. En 2000, il s’agissait de quelques personnes réunies dans un bar pour regarder des courts métrages. Aujourd’hui, c’est un rendez-vous important, à l’ambiance festive, à la sensibilité plutôt jeune, axé sur les nouvelles écritures et qui attire à la fois le public local, les scolaires, les étudiants en cinéma et bien entendu les professionnels. Off-Courts a aussi la particularité d’être jumelé avec Québec et de pratiquer des échanges : chaque année, un réalisateur français est sélectionné, se voit offrir la possibilité de tourner un film au Québec, et inversement (nous préachetons d’ailleurs l’un des deux films réalisés dans ce cadre). Pour toutes ces raisons, il a semblé important que France tv soit présent à Trouville et soit, depuis six ans, le partenaire privilégié du festival. Nous remettons chaque année le prix France tv du jeune producteur, qui a pour vocation d’accompagner financièrement et d’aider à se structurer une jeune société de production ayant au maximum six années d’activité. Doté d’une bourse de 30 000 euros, c’est un prix assez attendu et très convoité. Enfin, le calendrier est idéal puisqu’il nous permet d’ouvrir la saison du court métrage à Trouville.

Le succès du festival Off-Courts est-il un indice de la bonne santé du court métrage en France aujourd’hui ?
C. T. : Effectivement. Mais cette bonne santé s’explique d’abord, en amont, par la dynamique de soutien et d’accompagnement du cinéma français, court aussi bien que long. Alors que dans beaucoup de pays le court métrage n’existe pratiquement pas en dehors des films d’écoles et du mécénat, il bénéficie en France de financements importants, principalement du Centre national de la cinématographie — via la Commission d’aide avant réalisation —, des régions, qui sont devenus des partenaires majeurs, et des télévisions « historiques » : France tv, Canal+ et Arte. En gros, le principe est de produire une certaine masse avec l’idée — non dénuée de bon sens — que des pépites s’y trouveront. On verra dans vingt ans si cette politique ambitieuse est toujours de mise ; en attendant, cette situation est une véritable exception, y compris en Europe.

Et donc, en aval, les diffusions télévisées et les festivals consacrés au court métrage...
C. T. : Dont le nombre est aujourd’hui impressionnant. Très rapidement, et en commençant donc par Off-Courts début septembre, il y a le festival européen du film court de Brest en novembre, le festival Tous Courts d’Aix-en-Provence en décembre, Premiers Plans à Angers (courts et longs) à la mi-janvier, le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand début février, celui de Brive pour le moyen métrage et les Nuits méditerranéennes en Corse en avril, en mai, bien sûr, le Festival de Cannes, où des courts métrages sont sélectionnés aussi bien par la Semaine de la critique que par la Quinzaine des réalisateurs, Côté Court à Pantin et le festival du film d'animation d'Annecy en juin, et enfin le festival international du film de Locarno, en Italie, début août. Et encore, j’oublie une foule de petits festivals créés dans nombre de villes moyennes partout en France. C’est un véritable circuit presque ininterrompu qui permet aux réalisateurs de courts de montrer leurs films et, pour les plus chanceux, de les faire tourner pendant un an, voire un an et demi, pour ceux qui sont sélectionnés à l’étranger, par exemple au Canada ou aux États-Unis (le festival de Sundance, notamment). Pour terminer ce tour d'horizon, il faut encore dire que le court métrage jouit d'une très bonne image dans le public et attire bien au-delà du cercle des cinéphiles et des passionnés. Comme en atteste le succès de la Fête du court métrage initiée par le CNC, dont Julie Gayet est la marraine, Samuel Prat (encore lui), le coordinateur général et dont nous sommes bien évidemment partenaire.

On est loin de l’image, pas si ancienne, du court métrage entre bénévolat et bricolage.
C. T. : Le court métrage s’est énormément professionnalisé ces dernières décennies à mesure que se constituait son économie et que se développaient les formations aux métiers du cinéma, qui ont très fortement structuré le secteur. Pour ne parler que de la plus prestigieuse des écoles : la Femis propose aujourd’hui des filières scénario, réalisation, séries télé, production, distribution, etc. Quant aux écoles d’animation, on sait que leurs diplômés sont débauchés par Dreamworks ou Disney.Il y a tout un vivier qui s’est constitué. C’est, encore une fois, le résultat d’une politique culturelle volontariste. Quant aux courts métrages semi-amateurs entre copains, ils n’ont pas complètement disparu, ils sont aujourd’hui sur Internet où certains sont remarqués, au point de pouvoir intégrer le circuit professionnel.

Propos recueillis par Christophe Kechroud-Gibassier

Deux cases, deux lignes éditoriales

Le court métrage, sur France tv, ce sont deux cases hebdomadaires, Libre court, sur France 3, le vendredi après minuit, Histoires courtes, sur France 2, le dimanche après minuit. « Il est important pour nous d’éviter la redondance et de proposer deux lignes distinctes, même si, bien entendu, elles se recoupent ça et là. Libre court, dont Aurélie Chesné a la responsabilité, est marqué par une certaine ouverture à l’international et une sensibilité plus affirmée pour le social, les minorités, les portraits, les destins de femmes. Dans Histoires courtes, l’accent est mis sur l’originalité du propos, la singularité du récit, dans son fond et dans sa forme, ce qui peut nous amener à sélectionner des films de genre ou des sujets classiques mais traités de façon originale. » (C. T.)

Zombies !

On se souvient des collections Cyprine (érotique) et Films d’auteurs avec ninja (comme son nom l’indique) issues de commandes faites par Histoires courtes à des réalisateurs... « La prochaine est encore “in progress“ et devrait s'intituler Sociologie du zombie. L'idée est de déplacer le champ narratif du film de zombies anglo-saxon et d'interroger sur ce que pourrait être le zombie contemporain à la française. Deux films sont achevés à ce jour. Celui d'Emmanuel Mouret, qui incarne comme on sait la quintessence du vaudeville charmant et distingué, s'intitule Un zombie dans mon lit. C'est bien entendu l'histoire d'un zombie qui drague une jeune femme faisant son jogging... Celui de Jean-Michel Ribes a un contenu social plus grinçant puisqu'il y est question d'un patron qui mange des morceaux de ses employés. » (C. T.) À suivre...


Histoires courtes

France 2, le dimanche, après minuit

1er septembre
« Festival Off-Courts Trouville, saison 20, épisode 1 : Bon anniversaire ! »

Depuis 2000, Off-Courts a bien grandi ! Pour fêter ce vingtième anniversaire, retrouvez pendant deux semaines un beau panorama de nos films en compétition 2019 et de l’année précédente.

Kilt (13 min 32 - inédit)
Réalisation Rakel Ström - Production FullDawa Films
Programme « Bien dans sa peau » 2019
Comme beaucoup d’hommes, Philippe a des poils. Comme beaucoup d’hommes, Philippe perd ses cheveux. Comme beaucoup d’hommes, Philippe envie parfois les femmes… Aujourd’hui, Philippe a décidé de devenir un homme neuf !

Kilt
« Kilt ».
© FullDawa Films

Modern jazz (5 min 44 - inédit)
Réalisation Anaïs Tellenne - Production Caméra Subjective
Christine et son amant décident d’avouer à leurs conjoints respectifs qu’ils s’aiment. Qui sera le plus lâche des deux ?

Nefta Football Club (16 min 31)
Réalisation Yves Piat - Production Les Valseurs
Compétition 2019
Dans un village tunisien, des enfants jouent au foot sur un terrain sans lignes de démarcation. Pendant ce temps, Abdallah et Mohammed tombent sur un âne avec un casque sur les oreilles et des sacs contenant une poudre blanche accrochés sur les flancs. Les deux jeunes frères décident de rapporter ces sachets au village.

8 septembre
Soirée spéciale Clémence Poésy, marraine de choc du Prix France tv du meilleur court métrage 2019 au festival de Clermont 2019

Le Roi des démons du vent  (15 min 18 - déconseillé aux moins de 10 ans)
Réalisation Clémence Poésy - Productionpar FullDawa Films
Compétition officielle 2018
Soir du 31 décembre. Sophie, interne aux urgences psy au bord du burn out, est chargée d’admettre Marie, une patiente perturbée amenée par la police après une crise. Malgré ses propos incohérents et sa détresse psychique manifeste, Marie a quelque chose de spécial qui trouble Sophie.

Le Coup des larmes (25 min 41 - inédit - déconseillé aux moins de 12 ans)
Réalisation Clémence Poésy - Production Yukunkun Productions
Compétition officielle 2019
Florence est une actrice. La préparation de son prochain film va lui imposer une épreuve inattendue : une initiation à balles réelles.

Libre court

France 3, le vendredi après minuit

6 septembre
Festival de Trouville, anniversaire des 20 ans

Vingt ans déjà, on ne rajeunit pas ! Pour célébrer l’événement, Libre court vous propose trois semaines entièrement consacrées au festival Off-Courts Trouville, avec des films inédits de l’édition 2019 et des pépites des sélections passées.

Off-Courts Trouville (26 min 33)
Réalisation Xavier Blanot - Auteure Aurélie Chesné
Ce document inédit retrace la genèse et le parcours incroyable d’un festival qui continue de grandir.

Max (18 min 20)
Réalisation Florence Hugues - Production Sensito Films
Compétition France 2019
Chronique d’une jeune garagiste.
 
Virtuelle (22 min 45 - inédit - déconseillé aux moins de 12 ans)
Réalisation Léopold Kraus - Production Top Shot Films
Compétition France 2019
Comme tout le monde à son âge, Alice vit à cheval entre la réalité et les réseaux sociaux. Un jour, son ex poste en ligne une de leurs anciennes sex-tapes pour se venger. Son image virtuelle est brisée et Alice est dévastée…

13 septembre

L’Aventure atomique (23 min 53 - inédit)
Réalisation Loïc Barche - Production Punchline Cinéma
Programme « Politik » 2019
Algérie, 1961. Alors que la France vient de faire exploser sa quatrième bombe atomique, un groupe de sept soldats est envoyé jusqu'au point d'impact afin d'y effectuer des prélèvements et des mesures de la radioactivité. Mais plus ils avancent, plus le capitaine, un vétéran de guerre d'une cinquantaine d'années, se voit confronté aux paradoxes d'un monde qui change, obsédé par le progrès.

Yasmina (15 min - inédit)
Réalisation Claire Cahen - Production Yukunkun Productions
Programme « Politik » 2019

Yasmina est une adolescente de 15 ans qui aime passionnément le football et le pratique au FC Saint-Étienne. Marocaine, elle est en situation irrégulière sur le sol français, avec son père et la compagne française de ce dernier. Un soir, en rentrant de l’entraînement, elle voit son père se faire arrêter sous ses yeux.

R.A.S (5 min 14 - inédit)
Réalisation Lucas Durkheim - Production Eddy
Programme « Politik »
Cinq jeunes soldats, la vingtaine, en mission au milieu des montagnes afghanes, s’ennuient depuis deux mois. Lors d’une journée d’appui où ils cuisent au soleil, la routine va enfin se briser.

Bug (18 min 15)
Réalisation Cédric Prévost - Production Arts Premiers
Guillaume, informaticien trentenaire complexé, vit à travers son écran d’ordinateur une liaison fantasmée avec une célèbre actrice. Après avoir découvert qu’elle n’était plus célibataire, le jeune homme se retrouve soudain doué du pouvoir d’agir sur la réalité comme sur son PC, et en profite pour disposer de son idole comme d’un programme informatique.

20 septembre
Festival de Trouville : cuvée 2018

Bye bye les puceaux (21 min 53)
Réalisation Pierre Boulanger - Production Instant Ray Films
C’est décidé : sans se connaître plus que ça, leur première fois, ils la feront ensemble. Entretemps, Inès reçoit un appel de sa mère qui, retenue au travail, lui demande de s’occuper de Moussa et Bala, les enfants de la voisine. Inès accepte d’aller au baby-sitting où elle invite Abdel pour aller au bout de leur idée.

L’Œil du cyclo (24 min 56)
Réalisation Florence Hugues - Production Top Shot Films
Judith, la vingtaine, perd son amoureux. Quelques jours après l’enterrement, un étrange phénomène se produit : un scooter arrive dans la vie de Judith et se met à lui faire des signes.

La Naissance d’une étoile (18 min 48)
Réalisation James Bort - Production Full Dawa
Emma est sur le point d’être nommée danseuse étoile à l’Opéra de Paris. La jeune femme, pourtant, semble soucieuse. Car si le succès l’attend désormais, un autre événement pourrait bien remettre en cause son rêve de toujours.

À voir sur france.tv et à revoir : Libre court et Histoires courtes

 

Publié le 02/09/2019
rentrée 2019 du court métrage - Interview Christophe Taudière
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