Soirée Benoît Delépine & Gustave Kervern

« Saint Amour », suivi d’un portrait pour « Histoires courtes »

« Histoires courtes » clôt sa saison avec une programmation spéciale. La diffusion de Saint Amour, septième long-métrage de Benoît Delépine et Gustave Kervern, est l’occasion de revoir à sa suite le portrait qu’Emmanuel Barnault avait consacré aux deux Grolandais. Sur France 2, dimanche 7 juillet à 22.30 et 00.00.

Gustave Kervern, Benoît Delépine & Benoît Poelvoorde
Gustave Kervern, Benoît Delépine et Benoît Poelvoorde. © Movie Da

Ça ne va pas fort pour Bruno (Benoît Poelvoorde). Marre d’être moche, marre d’être puceau, marre d’être paysan. Avec l’oncle (Gustave Kervern), il écume comme chaque année le Salon de l’agriculture pour noyer son désespoir dans une route des vins miniature (avec cuite grand format, tout de même). Mais, cette fois, Jean (Gérard Depardieu), son père, tout juste veuf, décide de renouer le dialogue avec son fils. La route des vins, après tout, pourquoi pas, mais autant la faire en vrai. Le père et le fils embarquent Mike (Thomas Lacoste), un jeune chauffeur de taxi un brin mythomane, pour un périple de la porte de Versailles au Bordelais – et retour –, en passant, donc, par Saint-Amour, dans le Beaujolais.
Six ans après Mammuth, Delépine et Kervern, réunissant une nouvelle fois les deux monstres Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde, les emmènent en vadrouille croiser la route de quelques quidams plus ou moins extravagants : un improbable et lunaire propriétaire de maison d’hôtes (Michel Houellebecq), une patronne de baraque à frites (Chiara Mastroianni), une désastreuse et adorable serveuse de restaurant (Solène Rigot), une agent immobilière très physique (Ovidie), une jolie rousse (Céline Sallette) au besoin de maternité urgent, etc. Pourtant, quoi qu’il paraisse au premier abord, Saint Amour n’est ni une collection de dingueries ni une ode à l’ivrognerie. Plutôt un road movie mélancolique, faussement en roue libre, délicat derrière ses provocations et même presque fleur bleue, un hymne à l’amour libertaire et à l’ivresse existentielle.

Échappements libres : un documentaire sur le duo Delépine-Kervern
Pour accompagner la sortie au cinéma de ce septième long-métrage signé Delépine et Kervern, Emmanuel Barnault consacre pour « Histoires courtes » – la case du court-métrage sur France 2 – un documentaire aux deux complices, filmés pendant et après le tournage de Saint Amour. Ces Échappements libres font le portrait de deux potaches timides et sensibles, héritiers de Choron et du surréalisme (tendance belge). Leur longue collaboration au cinéma (ils furent par ailleurs, on le sait, des piliers de Groland sur Canal+) égrène les objets bizarres, fragiles, expérimentaux, imparfaits, sur le fil (Aaltra, Avida, Louise-Michel, Mammuth, Le Grand Soir, Near Death Experience, etc.). Un cinéma sans effets, qui revendique sa filiation avec l'art brut, fondé sur les maladresses, les accidents de parcours, les plans-séquences. Un cinéma qui aime les gueules, les perdants magnifiques, les « derniers pirates ». Benoît Delépine : « Les gens disent qu'il n'y a que des freaks dans nos films. Mais c'est nos copains. On ne fréquente pas le milieu du mannequinat. » C'est finalement Michel Houellebecq qui livre l'un des plus justes commentaires sur cet univers, avec lequel il dit se sentir « cohérent », en évoquant la force, la beauté et la poésie de l'incongruité.

 

Saint Amour, en résumé...

Comme tous les ans, Bruno, agriculteur porté sur la boisson, et son père Jean, éleveur bovin, participent au Salon de l’agriculture. Alors que Jean voudrait que Bruno reprenne l’exploitation familiale, celui-ci ne pense qu’à noyer son mal-être dans l’alcool en traversant une route des vins improvisée au sein dudit Salon. Désireux de renouer avec Bruno à la suite de la mort récente de sa femme, Jean propose alors à son fils de réaliser cette route des vins. En compagnie d’un mystérieux chauffeur de taxi prénommé Mike, les deux hommes s’élancent ainsi pour une semaine sur les routes de France...

Film (Belgique et France - 100 min - 2016) - Scénario Benoît Delépine et Gustave Kervern - Réalisation Benoît Delépine et Gustave Kervern

Avec 
Gérard Depardieu Jean
Benoît Poelvoorde Bruno
Vincent Lacoste Mike
Céline Sallette Vénus
Gustave Kervern L’oncle
Ana Girardot La sœur jumelle
Chiara Mastroianni La patronne de la baraque à frites
Andréa Ferréol La dame du petit déjeuner
Izïa Higelin Une ex de Mike
Solène Rogot Jennifer, la serveuse du restaurant
Michel Houellebecq Le propriétaire de la maison d’hôtes
Ovidie L’agent immobilière
Xavier Mathieu Didier
Blutch Le gars du stand Alsace
Yolande Moreau La voix du répondeur de la femme de Jean

Histoires courtes : « Delépine/Kervern, échappements libres »

Delépine et Kervern, cinéastes aux origines grolandaises, développent une œuvre à la poésie « pneumatique », souvent inspirée par l’art brut et le surréalisme. « Chacun de nos films raconte en fait la même histoire : la libération de quelqu’un grâce à l’amitié et à l’art. » Ce portrait-documentaire a été réalisé pendant et après le tournage de Saint Amour, le septième film de Ben & Gus.

Documentaire (France - 57 min - 2016) - Auteur Emmanuel Barnault - Réalisation Emmanuel Barnault - Production Movie Da, avec la participation de France Télévisions

Saint Amour et Delépine/Kervern, échappements libres sont diffusés sur France 2, dimanche 7 juillet 2019 à 22.30 et 00.00

 

Publié le 05/07/2019
Saint-Amour et Delépine/Kervern, échappements libres